Soirée du 15 septembre 2007

Thème


Masterclass BenRiach

Flacons dégustés


BenRiach 12 ans, OB, 43.0 % abv


BenRiach 12 ans (dist. 1994), OB, 47.0 % abv, finition Porto


BenRiach 15 ans, OB, 46.0 % abv, finition sherry


BenRiach 15 ans, OB, 46.0 % abv, finition Porto


BenRiach 20 ans, OB, 43.0 % abv


BenRiach 20 ans (1984 - 2004), OB pour la Maison du Whisky, 55.0 % abv (bt n° 218 / 253)


BenRiach 30 ans (emb. 2006), OB, 50.0 % abv (3000 bt.)


BenRiach Curiositas, 10 ans, OB, 40.0 % abv


BenRiach Authenticus, 21 ans, OB, 46.0 % abv

Ont participé


Alain

Benoît

Christian

Christophe W.

Guillaume

Georges

Trisha

Xavier

Le résumé

Masterclass animée par Trisha Savage, de la distillerie.
Programme détaillé ici.
Diaporama de la présentation ici.

Dans l'ordre sur les photos, de gauche à droite :
15 ans Sherry finish
30 ans
12 ans Port finish
15 ans Port finish
15 ans Madeira finish
16 ans
20 ans
12 ans
10 ans Curiositas


Tout d'abord un grand merci à Trisha qui s'est déplacée pour notre petit groupe à Metz.
La soirée a débuté (en retard comme d'habitude) par une intéressante présentation de la distillerie, nous avons ensuite enchaîné sur des dégustations en face à face.

Match 1 : les 12 ans Le premier flacon, une expression non tourbée et non finie, est frais, fruité, suave avec un peu de bois et d'orange.
Face à lui on a une version tourbée finie en fût de porto. Ce whisky nécessite un peu plus de temps pour s'ouvrir, il exprime ensuite dans l'ordre beaucoup de tourbe, des fruits rouges, de la vanille et du chocolat à l'orange. Résultats : une petite préférence pour le 12 ans standard, un peu plus "daily dram", pas vineux, mais l'autre ne démérite pas.

Match 2 : les 15 ans
Le premier whisky est une finition porto, assez bien intégrée, vineux (fruits rouges), sucré.
Le second est une finition sherry. Il en présente toutes caractéristiques : du sherry, du chocolat noir, de l'orange avec une belle et longue finale. Là, traditionnaliste dans l'âme je donne le point à la finition sherry, vraiment belle, bien intégrée.

Match 3 : les 20 ans
Le premier whisky est l'embouteillage "standard", issu partiellement de bourbon barrel et ça se sent : de la vanille au nez et en bouche, accompagné d'orange et d'un peu de fumée. Il est déservi par une finale courte.
Face à lui un single cask de 1984 alliant la fumée, la tourbe et le chocolat à l'orange. Ce dernier gagne facilement car plus tout.

Une pause : le 30 ans dégusté seul.
C'est une petite curiosité : il allie sherry cask et finition sherry. C'est la découverte de la soirée, très expressif, complexe (il n'y a pas que du sherry : chocolat à l'orange, canelle, sucré, et tant d'autres choses)

Match 4 : la tourbe
Tout d'abord le 10 ans Curiositas : beaucoup de tourbe, de la bouse de vache (il ressemble un peu au Ballechin), il fait penser à un Islay du sud sans l'air marin. Un peu too much.
Contre lui le 21 ans Authenticus : tourbé lui aussi, il est mieux éduqué et présente une bouche fraîche et un peu fumée. La finale est un peu chocolatée. Ici l'Authenticus gagne pour sa plus grande classe.

En conclusion, on peut dire que Benriach gagne ;-)

Bon en fait cette soirée a été pour moi l'occasion de découvrir une distillerie intéressante (j'avais déjà été un peu initié, mais ce n'était pas grand chose).
Mon trio :

  • 30 ans : trop beau, du sherry comme je l'aime
  • 20 ans 1984 : j'adore sa tourbe classieuse
  • 15 ans finition sherry : un bon sherry, lui aussi bien intégré

Quelques réflexions sur mes goûts sur le whisky en général et les finitions en particulier :
Je ne me suis jamais trop caché de peu apprécier les finitions, cette soirée m'a montré que des belles choses peuvent exister (2 finitions dans mon top 3), même si ce sont des whiskies proches de la tradition (sherry cask).
La tourbe quand elle n'est pas marine ne doit pas être "too much", car sinon il me manque quelque chose et je suis un peu frustré.

Je finirai bien par acheter un Benriach :-)

Voilà c'est tout, et encore un clin d'oeil à ceux sans qui cette soirée n'aurait pu avoir lieu.

Christophe


Trisha Savage, general manager de la distillerie nous a fait l’honneur d’animer un masterclass dédié à la production de BenRiach. Pour l’occasion nous avions élu domicile dans le salon d’un hôtel messin : ambiance feutrée avec vue sur le petit port Saint-Marcel, moquette, tentures murales et nappes blanches.

Au programme :
Une présentation (visible ici) qui abordera les thèmes suivants :
BenRiach Distillery – Past and Present
Whisky Production at BenRiach – Milling through to Maturation, specifically related to BenRiach
Current Situation within the Scotch Whisky Industry
BenRiach Distillery – The Future

12 yo vs. 12yo Peated Port Finish
15 yo PX Sherry Finish vs. 15 yo Port Finish
20 yo vs. 20 yo Single Cask Bottling
30 yo
10 yo Curiositas vs. 21 yo Authenticus
L’ensemble des échantillons, excepté le 1984, a été gracieusement fourni par la distillerie. Nous avions conjointement choisi l’ordre avec Trisha.

Trisha commence sa présentation par un speech en français et continuera en anglais. Nous arriverons, malgré nos différences d’accents, à nous comprendre.

Il apparaît que la distillerie souhaite s’orienter dans une démarche de production de qualité visant plus particulièrement un public d’amateurs, comme en témoigne sa présence ici. La production s’articule autour de deux axes : tourbé/ non tourbé et une ligne de finitions. L’objectif de Trisha au cours de cette soirée étant de me faire apprécier les finitions : rude challenge.

Le 12 ans apparaît finalement comme un whisky très frais, agréable très équilibré, fruité. Plutôt une agréable surprise pour un whisky d’entrée de gamme.

La version tourbée finition Porto montre bien ce qu’elle dit : de la tourbé et du porto. A mon goût c’est une version qui manque de subtilité et qui, en plus, est beaucoup trop tourbée…

Le 15 ans Pedro Ximenes finish, lui aussi, ne masque pas son jeu : Un sherry intense révèle des notes boisées et fruitées par la suite sur fond de miel et d’épices. Une expression riche, classique et sans surprise. Un vrai sherry !

Le 15 ans Port finish est marqué par le porto, riche, trop doux à mon gré malgré quelques épices mais, surtout, manquant d’harmonie.

Le 20 ans : Vanille, fruits, épices. Un superbe expression du Speyside. Le tourbe commence à s’éloigner et je retombe dans une palette de parfums que j’apprécie beaucoup. Beau, riche et équilibré.

Le 20 ans 1984 SC CS (single cask, cask strength) : Une expression tourbée mais ici aussi la tourbe commence à être lointaine et, fondue dans un riche ensemble de parfums, elle devient supportable, presque même agréable. Le degré donne une dimension supplémentaire aux arômes et finalement, ça me plaît bien, autant, même plus que le 20 ans réduit, qui était pourtant une version non tourbée.

Le 30 ans : On rentre dans un autre monde. Quelle richesse, quelle variété d’arômes, de senteurs. Les qualificatifs manquent pour montrer la beauté de cette expression. On croyait avoir tout eu au nez, et en bouche : ça recommence au centuple ! Une sublime expression. J’adore !

Curiositas : beaucoup trop tourbé à mon goût. Celle-ci est tellement présente qu’elle masque la quasi totalité des arômes et saveurs. Bref, ce n’est vraiment pas mon truc.

Authenticus : Ici encore une version tourbée, mais elle est noyée dans le bois, la vanille, les fruits, les épices. Trisha fait la remarque que cette version a été distillée en même temps que le 20 ans 1984. Malgré cela, les deux versions n’ont rien à voir malgré la force quasiment identique de la tourbe. L’Authenticus lui réserve la part belle alors qu’elle sait se faire oublier dans le 20 ans. Bref un belle expression, que je considère plus comme une curiosité (malgré son nom et le nom du précédent) que comme un grand whisky.

En résumé, il y a une grande variété d’expressions chez BenRiach, qui présentent toutes une variété selon diverses lignes : tourbe, finition, âge etc.… Mes amours demeurent constantes et vont aux versions non tourbées, non finies. Je dois cependant reconnaître que les finitions goûtées ne sont pas déplaisantes, mais mon cœur balance de l’autre côté.

Le 30 ans : rien que pour lui la soirée a été un succès,
Le 20 ans et le 20 ans 1984 : deux très belles expressions,
Le 12 ans : frais et agréable, une excellente entrée en matière.

Pour finir, j’adresse mes plus vifs remerciements à Trisha qui a eu l’amabilité de préparer, de se déplacer et d’animer cette soirée qui restera celle où j’ai re-découvert BenRiach.

Alain


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